Détruire le fatalisme politique

3062013

 « Jamais personne ne pourra empêcher ce qui doit fatalement arriver »

Euridipe

A elle-seule, cette citation résume avec justesse le fléau contre lequel doit lutter la Politique, y mobilisant toutes ses ressources et toutes ses forces.

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Le fatalisme, ennemi public N°1 ?

Bien plus qu’un état d’esprit contraire, le fatalisme représente l’antithèse de toutes les valeurs fondamentales qui façonnent la raison d’être de la Politique, son crédo et son leitmotiv : l’engagement, le travail et la détermination. L’engagement pour des idées, des combats et des convictions, ce même engagement qui nous pousse à rassembler nos énergies pour travailler ardemment, devenir acteur de notre destin et braver les difficultés avec détermination, afin de ne pas faiblir et ainsi trouver la force nécessaire pour espérer et avancer, avec constance.

La Politique fatalement anti-fataliste ?

Mais la Politique doit-elle être fatalement une pourfendeuse sans relâche du fatalisme ? Confirmer cette hypothèse pousserait la contradiction à son paroxysme, mettant ainsi en pièce les combats fondateurs que des hommes et des femmes, mus par une volonté inébranlable d’agir, ont portés avec courage en refusant le déroulement prétendument préétabli du destin. Des combats parfois à contre-courant, nonobstant avec fierté les coquetteries d’image, d’intérêts électoraux ou de drague populaire.

Détruire le fatalisme ?

Au même titre que la résignation, le fatalisme représente l’adversaire grâce auquel la Politique peut renouer avec les exigences qui sont les siennes et qui n’auraient jamais dû la quitter : la volonté d’agir, le goût de la construction, l’esprit de rassemblement et le respect du devoir.

Déclin industriel, perte de compétitivité extérieure, taux de chômage alarmant, climat social déstabilisé, environnement entrepreneurial fébrile, matraquage fiscal : autant de problématiques redoutables qui constituent aujourd’hui la menace française. Mais ces maux ne sont pas inéluctables. L’histoire de notre pays n’est pas déjà écrite dans le grand livre du destin, empêchant ainsi toute action de grande envergure destinée à redonner à notre nation toutes ses lettres de noblesse, à la fois économiques, sociales et sociétales. La bataille sur ces domaines reste à notre portée, ouverte à nos énergies et nos efforts.

Telle est ma conception de l’engagement politique, une volonté sans failles suivie d’actions pragmatiques, au nom de principes forts mais non dogmatiques. C’est simplement ce refus de la résignation, cette aversion du statu quo et cette persévérance dans l’action qui permettront d’entrevoir des perspectives bien plus confiantes et nettement plus encourageantes.

Anthony Liguori




Nos erreurs, vos sacrifices

2052013

Au-delà de toutes les conséquences économiques et financières qui découlent des hausses d’impôts massives entreprises par le gouvernement (l’Etat transfère ses dettes sur les agents privés, qui ont quant à eux des contraintes financières bien plus problématiques) je souhaite revenir sur le risque psychologique de cette orientation.

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Concrètement, augmenter massivement les impôts au détriment d’une véritable politique de modernisation des finances publiques revient à déclarer entre les lignes aux français : « Nous avons fait des erreurs budgétaires et financières énormes depuis près de 30 ans, mais plutôt que de réduire le « mille feuille  administratif » et moderniser l’appareil public, nous allons redresser les comptes en prélevant davantage d’impôts afin que vous puissiez solder nos erreurs et nos manquements ».

Je crois en effet que la première étape d’une moralisation de la vie politique aurait été de prendre toutes ses responsabilités et entreprendre les actions nécessaires à cette modernisation. Il ne s’agit en rien d’un discours populiste ou démagogique (il est nocif d’utiliser ces deux termes lorsque l’on veut parler
des préoccupations et des intérêts des citoyens), ni même d’un quelconque plaidoyer politicien (les erreurs budgétaires sont partagées) mais bien d’une recherche de clarté et de confiance, deux valeurs fondatrices de l’engagement politique.

La réduction des dépenses publiques n’est pas une fin en soi. Il s’agit toutefois de mener à bien des réformes courageuses pour entrevoir un nouveau modèle de développement et ainsi ne pas réitérer les erreurs de gestion financière qui ont été commises.

Anthony Liguori




La course à la pauvreté

13042013

« Eh bien oui ça complèterait  les déclarations de patrimoine. Le projet de loi peut être l’opportunité effectivement, de le faire »

Telle est la réponse formulée par le 1er Ministre Jean-Marc Ayrault durant son interview sur RTL, suite à la question d’un internaute relative à la possibilité d’exiger des élus la publication de leur feuille d’impôts.  Une déclaration absurde qui résume à elle-seule l’amateurisme d’un gouvernement qui peine à conduire une Politique claire et cohérente, se laissant chahuter et emporter par la puissance des vents médiatiques et sociétaux.

Si l’on met de côté la première intervention en « coup de vent » du Président de la République François Hollande, qui restera sans aucun doute comme l’une des allocutions télévisées les plus ridicules et les plus pathétiques de notre histoire politique contemporaine, la campagne de divulgation des patrimoines lance un discrédit total sur le paysage politique français et pousse la démagogie et le populisme (pour ne pas dire la bêtise et le grotesque) à leur paroxysme. De cet « écran de fumée » surgissent deux limites fondamentales qui ont pourtant une utilité commune : remuer le couteau dans la plaie :

- Cette mesure jette tout d’abord la suspicion sur l’ensemble de la classe politique française et accrédite l’idée selon laquelle tous les élus seraient corrompus. Pour une action qui devait s’inscrire pleinement dans une démarche de moralisation de la vie politique, le gouvernement actuel ne pouvait pas mieux se tromper ;

- Encore une fois, on nous prend pour des idiots ! Nous hésitons entre les fous rires ou la consternation lorsque nous voyons Eva Joly déclarer publiquement ses kayaks en titane ou bien Arnaud Montebourg faire état d’une place de parking souterrain à Dijon qu’il détient en nue-propriété à 50%.

La course à la pauvreté

Cette 2nde limite est fondamentale et se concrétise par ce que j’appelle la course à la pauvreté : en effet, l’ensemble des personnalités politiques ayant déclaré leur patrimoine ont pris soin de prouver avec force et vigueur leur côté populaire, histoire de démontrer aux citoyens qu’ils sont comme eux, tout simplement (une Twingo et une 4L pour Cécile Duflot, deux comptes bancaires disposant de moins de 1000 € ainsi que beaucoup de dettes pour Arnaud Montebourg, etc.)

Cependant, cette mauvaise foi vis-à-vis de l’argent (avoir un patrimoine conséquent serait donc synonyme d’immoralité et de vice) et cette volonté excessive et hypocrite de se vendre comme « populaire » et « modeste » sont deux nouveaux plombs tirés dans l’aile de la réussite, déjà bien mise à mal.

Nous pouvons également nous poser une question évidente : une telle mesure aurait-elle pu empêcher l’affaire Cahuzac ? Si ce dernier avait été contraint de déclarer publiquement son patrimoine, aurions-nous évité ce scandale désastreux ? La réponse est NON ! Jérôme Cahuzac aurait une nouvelle fois menti et divulgué un faux patrimoine.

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Mais une fois la suspicion jetée sur tous les élus, nous pouvons également les accuser unanimement de vouloir « cacher » une partie de leurs biens et ainsi
en transférer certains éléments sur le patrimoine des époux, voire des enfants. Allons-nous donc obliger les membres de la famille (ou pourquoi pas les amis proches) à rendre à leur tour public les biens personnels ?

Plutôt qu’une telle mascarade, les responsables politiques devraient s’efforcer de prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement des contrôles réalisés par les administrations fiscales et autorités compétentes (plus de moyens quantitatifs et /ou qualitatifs ? Des mesures favorisant encore davantage
l’impartialité et la suppression des moindres conflits d’intérêts ? Etc.) et ainsi imposer les sanctions nécessaires afin de redonner du sens à un paysage politique en perte de repères.

Toutefois, les Ministres ne doivent pas oublier qu’ils ont jusqu’au 15 avril pour déclarer leur patrimoine : « Mesdames, Messieurs les Ministres, je vous encourage vivement à ne pas engager d’achat conséquents durant ces deux derniers jours, car cela pourrait venir alourdir votre patrimoine. Et n’oubliez pas quelle image vous donneriez aux français si vous détenez trop de biens. Modestie et proximité avant tout…»

Anthony Liguori




La baisse des dépenses publiques : à quand une réduction en valeur ?

5042013

Le budget de l’Etat est construit selon la même structure que le budget des entreprises ainsi que le budget des ménages : des recettes et des dépenses.

Ainsi, les deux leviers à activer afin de rééquilibrer ces-mêmes budgets sont clairs : réduire les dépenses ou bien augmenter les recettes (ou bien une conciliation des deux).

Cependant, le budget de l’Etat présente bien entendu de nombreuses spécificités et des enjeux bien plus colossaux (économiques et sociaux). C’est ainsi que le gouvernement Ayrault s’est engagé à entreprendre une politique fiscale apte à entrevoir un rééquilibrage du budget de l’Etat et ainsi assainir les finances publiques.

Toutefois, force est de constater que les hausses d’impôts sont bien plus conséquentes que les baisses de dépenses et viennent frapper de plein fouet le contribuable français, sonné par une charge si violente.

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Mais focalisons notre attention sur la baisse des dépenses publiques promise pour l’année 2013 : 10 milliards d’euros. Cette réduction devrait pouvoir nous satisfaire et nous convaincre de la dynamique durable engagée par le gouvernement dans la modernisation et l’optimisation des dépenses publiques.
Mais ne nous y trompons pas : ces réductions annoncées ne sont pas des baisses en valeur. Et là réside tout le problème de la gestion de la dépense publique. Depuis des années (gauche et droite confondues), il subsiste un blocage réel à annoncer et mettre en place des réductions de dépenses en valeur. Pour mieux appréhender et comprendre la signification de ces divergences, prenons l’exemple du budget 2013 :

En 2012, le budget de l’Etat (y compris les pensions du personnel de l’Etat et la charge de la dette) s’élevait à 369 milliards d’euros. En 2013, ce même budget s’élève à 370 milliards, soit 1 milliard d’euros de dépenses supplémentaires.

Comment expliquer ce paradoxe saisissant entre les réductions annoncées de 10 milliards et la hausse réelle d’1 milliard ?

Clairement, l’Etat raisonne en volume : il calcule ce qu’il aurait dépensé en 2013 en tenant compte de l’inflation et prévoit de dépenser moins que cette anticipation. Ainsi, les dépenses publiques sur 2013 ne seront malheureusement pas inférieures de 10 milliards d’euros à celles de
2012.

Malgré la nécessité absolue de réduire les dépenses publiques afin de ne pas lier étroitement et inéluctablement rééquilibre du budget et hausse des impôts dévastatrice, aucune initiative courageuse et audacieuse n’a été mise en place depuis des années pour contrer ce fléau économique et entreprendre une démarche de modernisation de la vie publique.

Anthony Liguori




Le retournement violent du choix par « dépit »

29032013

« Une partie du pays ne m’apprécie pas, et alors? Moi, j’aime tous les Français »

C’est en ces termes quelque peu ambigus que s’est exprimé hier soir le Président de la République François Hollande, durant son intervention télévisée tant attendue après 10 mois à la tête du pays. Mais malgré l’apparence sympathique et « gentillette » de cette déclaration, deux erreurs majeures sont venues s’y glisser avec insolence et fracas.

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Premièrement, j’ai la certitude qu’il ne s’agit pas d’une appréciation de sa propre personne. En effet, il serait parfaitement inadapté d’apporter un jugement personnel et ad hominem en ces temps si difficiles où l’action doit primer sur la représentation. Contrairement à Nicolas Sarkozy, qui pouvait souvent être critiqué moins pour ce qu’il faisait que pour ce qu’il était (raisonnement bancal que je trouve absolument inefficace et inutile), François Hollande est décrié bien plus pour ce qu’il fait que pour ce qu’il est.

La deuxième erreur (ou plutôt approximation calculée) est, quant à elle, liée à « la partie » du pays que François Hollande sait insatisfaite. Par un formidable euphémisme, il voulait certainement parler des 51%  de français qui voient en lui un « mauvais Président », quand à peine 22% de nos concitoyens pense le contraire (27% n’ont pas souhaité s’exprimer).

Source : Sondage mensuel de l’institut CSA pour BFM TV

Bien entendu, il faut sans cesse garder à l’esprit cet adage formidable qui dit que « les chiffres sont comme les gens, si on les torture assez, on peut leurs faire dire n’importe quoi ». Cependant, on ne peut glorifier les sondages lorsqu’ils vous sont favorables et les incriminer lorsque les résultats sont maussades et alarmants. Tout en restant précautionneux quant à l’échantillonnage étudié, au mode d’administration utilisé et à la difficulté toujours présente de généraliser ces-mêmes résultats, il apparait nécessaire d’appréhender ces signaux pour ne pas passer sous silence une tendance assez forte.

Je dois cependant vous avouer que ce désamour ambiant ne m’étonne guère : en effet, François Hollande ne fait que recevoir de plein fouet le boomerang qu’il a lui-même lancé pendant la campagne présidentielle, un boomerang anti-Sarkozyste qui, malgré les conséquences que l’on constate aujourd’hui, a porté ses fruits durant la campagne présidentielle. Durant cette course effrénée de 2012, François Hollande n’a pas su créer l’adhésion nécessaire afin de générer une mobilisation pour la candidature Hollande et non pas contre l’homme Sarkozy. Il s’est tout bonnement contenté de surfer sur la vague prédominante sans pouvoir susciter un engouement fort autour de son projet et de sa vision. C’est ainsi que s’est construit un vote « par dépit », porté davantage par une hostilité envers l’ancien Président de la République que par une adhésion claire et affichée au candidat socialiste.

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L’étude des reports de voix au 2nd tour de l’élection présidentielle de 2012 est représentative de cette analyse : François Hollande a largement bénéficié des suffrages des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (celui qui aujourd’hui passe son temps à fusiller en bonne et due forme le Président et son gouvernement) ainsi que du poids conséquent du vote blanc (ou nul) et de l’abstention des électeurs de François Bayrou et Marine le Pen. De plus, la proportion d’électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou ayant voté pour François Hollande au 2nd tour est bien plus importante que celle des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ayant voté pour Nicolas Sarkozy. Je dois, il est utile de le rappeler, avouer qu’il s’agit tout de même des logiques de 2nd tour et que ces reports sont l’essence même du processus d’élection du Président de la République. Cependant, c’est cette fois l’étude des motivations de vote qui permet de mieux comprendre ce phénomène et de prouver l’existence réelle d’un vote par dépit : 55% des électeurs de François Hollande l’ont choisi pour barrer la route à Nicolas Sarkozy. Parmi ces 55%, 71% des électeurs ayant voté Jean-Luc Mélenchon au 1er tour affirmaient également que leur motivation première était de « sortir » le candidat UMP (la proportion des électeurs du 1er tour de  François Bayrou ayant la même motivation était de 75%).

Source : étude Ipsos – 2nd tour présidentielle 2012, Comprendre le vote des Français, Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point

Mais aujourd’hui, Nicolas Sarkozy n’est plus là et les difficultés économiques, sociales et sociétales sont quant à elles toujours présentes. Les français se retrouvent avec un Président qui peine à les rassurer sur les perspectives à entrevoir et ont à subir un flou total, dénué de toute vision à long-terme :

Quand je me suis présenté à l’élection, je connaissais la situation, je connaissais la crise qui frappait l’Europe. Comment l’aurais-je sous-estimée ? En revanche nous n’avions pas anticipé que cette crise allait durer plus longtemps que prévu. »

Mais que pensait François Hollande ? Que la crise qu’il dit avoir estimée à sa juste valeur (donc aussi violente et forte qu’elle l’est réellement) allait se terminer 2 ou 3 mois après son élection ? Qu’une fois Nicolas Sarkozy parti, toutes les origines du désastre allaient s’évaporer ? C’est justement ce manque de discernement et cette capacité à prévoir une Politique stratégique tournée vers l’avenir qui paralyse totalement le pays et affecte fortement l’espoir des français.

L’année 2013 risque d’être semée d’embuches pour le Président de la République, tiraillé entre sa gauche qui lui assène les coups les plus douloureux (les charges Mélenchoniennes sont la preuve évidente d’une divergence profonde et d’une rupture consommée à gauche) et la droite (remarquons bien entendu que le FN préfère garder ses cartouches les plus fortes contre son ennemi UMP, stratégie politique en vue de 2017 oblige) qui pointe avec vélocité ses faiblesses et ses manquements.

Monsieur le Président, si cette année 2013 parait plutôt difficile pour vous, imaginez celle que vont connaitre des millions de français, inquiets et affaiblis par des sujets sensibles tels le chômage, la compétitivité française, les plans sociaux, la crise européenne, l’épineux problème des retraites, etc. Des sujets sur lesquels malheureusement,  vous n’arrivez toujours pas à nous convaincre.

Anthony Liguori




La commission Jospin : tout ça pour ça ?

28032013

« Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique, après la fin de l’élection présidentielle. »

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21 avril 2002, ou le Waterloo socialiste : cette date restera encore longtemps comme l’un des évènements les plus marquants de notre histoire politique contemporaine. Elle rappelle bien entendu l’impensable percée du Front National et l’échec cinglant qui contraindra Lionel Jospin à se retirer de la vie politique française.

6 mai 2012 : dix ans plus tard, les défaits d’hier sont les vainqueurs d’aujourd’hui, même si, il n’est pas inutile de le rappeler, la victoire n’est pas aussi rayonnante que la défaite fut sévère.  François Hollande, fort de sa volonté d’instaurer un nouveau type de Présidence, a donc une multitude de chantiers à mener afin d’honorer l’ensemble des promesses faites aux français. Parmi celles-ci, les questions et réflexions liées à la vie publique sont un sujet qu’il est nécessaire d’aborder, mais avec pragmatisme.

C’est alors que François Hollande offre l’opportunité à Lionel Jospin, l’ancien Premier Ministre et candidat socialiste ayant échoué là où lui-même a remporté le défi, de mettre à profit son expérience dans la formulation de propositions promptes à « rénover » la vie publique et entrevoir des perspectives de changement durables. Tout un programme.

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A ce titre, nous étions en droit de nous attendre à une véritable mise en lumière de propositions novatrices, créatrices de valeur ajoutée et apportant un souffle nouveau dans la perception publique. Suite à la retranscription publique des propositions faites par la commission Jospin, une question parfaitement légitime se pose : pourquoi créer une commission, avec tous les coûts inhérents qui s’y réfèrent (exorbitants, cela va sans dire), pour finalement mettre sur la table des propositions que l’on a entendu des dizaines de fois (notamment durant la campagne présidentielle) mais qui malgré certaines vertus (nous allons y revenir), ne nous donnent pas l’impression d’être les fruits d’une réflexion innovante et structurée ?

C’est notamment ce manque d’innovation et de nouveauté qui nous amène malheureusement à considérer cette commission comme une manœuvre politicienne aux objectifs médiatiques clairs : offrir un coup de projecteur éphémère à Monsieur Jospin et enrober ce rapport de contours bien plus cathodiques, histoire certainement de nous faire oublier que toutes ces propositions étaient déjà dans les « cartons ».

Faisons abstraction un instant (en aucun cas définitivement bien entendu) de ces « coups de com » notoires afin de focaliser notre attention sur le contenu de ce rapport :

Interdiction du cumul des mandats, instauration d’une dose (10%) de proportionnelle aux élections législatives, modification du système de parrainage relatif à l’élection présidentielle, révision du statut pénal du Président de la République, parité « hommes-femmes », financement des partis politiques, etc.

Je dois avouer que certaines propositions représentent une avancée majeure et pourraient apporter une véritable équité. A titre d’exemple, la révision du statut pénal du Président de la République est une nécessité absolue dans un souci de transparence et d’équilibre. En effet, pourquoi placer le chef de l’Etat sur un piédestal juridique, en créant un fossé éthique sans précédent entre les citoyens lambda et lui ? Pourquoi instaurer et conserver une différence de traitement totalement injuste qui place le Président au-dessus du commun des mortels (au-dessus de la mêlée diront les plus sportifs d’entre nous), ce dernier bénéficiant d’une protection envers et contre tout ?

Mais revenons un instant sur le non-cumul des mandats. Que l’on soit pour ou contre, les arguments sont recevables et plutôt convaincants autour de cette thématique. Au passage, il ne faut tout de même pas oublier que durant la campagne, François Hollande militait en faveur de cette interdiction, alors qu’il était lui-même député de la 1ère circonscription de la Corrèze mais également Président de son conseil général. Mais toute la problématique ne se situe pas sur ce terrain-là mais concerne davantage l’audace nécessaire pour  traiter d’un tabou insoutenable : le « millefeuille » administratif. Ce dessert fameux et souvent délicieux a parfois tendance à devenir « bourratif ». Il en est exactement de même pour l’organisation administrative française, la saveur et le délice en moins. Sous prétexte de briser la terreur de la concentration insolente du pouvoir et de développer une stratégie de décentralisation territoriale, les collectivités locales voient leur organigramme s’étoffer à une vitesse effrénée et effrayante, sans toutefois atteindre l’objectif officiellement fixé : davantage de proximité avec les citoyens.

La démocratie locale est sans conteste l’un des piliers fondamentaux d’une république libre et éclairée, permettant comme disait le Général de Gaulle de « lutter contre le mouvement multiséculaire de centralisation ». Il est ainsi possible et salvateur de prôner le dynamisme et la valorisation des collectivités locales sans pour autant porter atteinte à l’unité de la nation.

Il faudra cependant prendre un temps précieux et nécessaire pour m’expliquer comment une communauté de communes comme celle de Lille qui voit « grouiller » 32 vice-présidents et 10 premiers vice-présidents (non, vous ne rêvez pas) et une communauté d’agglomérations comme celle de Rouen où 45 vice-présidents «épaulent » Monsieur le Président, peuvent être un facteur décisif dans la création d’un climat de proximité. Au-delà d’un manque total d’efficacité et de souplesse, cette mascarade représente avant tout un coût exorbitant :

Rémunération liées aux communautés urbaines

  Communauté urbaine ou d’agglomération de 20 000 à 49 999 habitants Communauté de 50 000 à 99 999 habitants Communauté de 100 000 à 199 999 habitants Communauté à 200 000 habitants
Président

3 421,32 € bruts par mois

3 421,32 € bruts par mois

3 421,32 € bruts par mois

5 512,13 € bruts par mois

Vice-Président

1 254,48 € bruts par mois

1 672,65 € bruts par mois

2 508,97 € bruts par mois

2 756,08 € bruts par mois

 

Les sommes présentées ne sont pas astronomiques et il serait démagogique  de vouloir s’offusquer du montant de ses indemnités (je ne parle toutefois pas de l’ensemble des avantages annexes dont bénéficient les élus). Cependant, lorsque l’on multiplie les rémunérations surlignées en rouge par 45 et 32, la situation tourne au ridicule et fait froid dans le dos.

Il faut ainsi avoir le courage d’avouer aux citoyens qu’il est parfaitement possible de « rénover » une administration publique dans un souci de réactivité et d’efficacité économique et sociale, sans pour autant engager des dépenses aussi hallucinantes et insoutenables. Il faut pouvoir entreprendre la pédagogie et les démarches indispensables pour confier aux collectivités les moyens et ressources nécessaires à leur autonomie et leur développement, mais dans la proportion des possibilités de la nation et des réels besoins locaux. L’attente est d’autant plus légitime qu’il s’agit ni plus ni moins de l’argent des citoyens eux-mêmes, tandis que ces mêmes dépenses vertigineuses ont un impact majeur sur le niveau des impôts locaux qui deviennent tout simplement oppressants et écrasants pour ces-mêmes citoyens.

Alors oui, lorsque je porte mon attention sur les conclusions de la commission Jospin, je ne peux m’empêcher de penser : « Tout ça pour ça ? ». Il s’agissait sans aucun doute de l’occasion rêvée pour briser un tabou devenu insupportable et ainsi redonner un souffle nouveau à une administration française beaucoup trop sclérosée.

Toutefois, une question subsiste : à quand la mise en application de toutes ces mesures dévoilées, histoire d’infliger un démenti à la première partie de mon billet ? Je dois même avouer que j’en serais plus que ravi.

Concernant la 2nde partie de mon analyse, je peux d’ores et déjà parier que je ne serai pas contredit. Ou du moins en aucun cas par des actes. Car contredit par des paroles, ça c’est une toute autre histoire…

Anthony Liguori




La Politique

28032013

« La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération »

James Freeman Clarke

Il est de ces fameuses citations qui, malgré leur lointaine origine ainsi que leur délicatesse spirituelle d’un autre temps, ont le pouvoir de s’appliquer, avec une réalité et une vérité prodigieuses, aux évènements de notre temps.

La subtilité de cette formule d’esprit doit nous amener à réfléchir sur le fondement même de l’engagement politique ainsi que sur la responsabilité de nos dirigeants. Des dirigeants politiques qui, à cause ou malgré eux, ont parfois tendance à laisser s’agrandir et se creuser un fossé culturel, social, relationnel et humain entre les citoyens et eux-mêmes. Des citoyens qui, malgré eux sans aucun doute, restent profondément tiraillés entre leurs désirs et leurs désillusions : leurs désirs profonds de croire en cette construction politique française prestigieuse, qui a connu tant d’épreuves et de réussites, de souffrances et d’accomplissements. Mais aussi leur désillusions, celles qui se construisent, patiemment, ardemment et fortement lorsque les prestiges et les grandeurs sont noyés dans un flot de calculs piteux, de promesses avortées et de manquements désastreux.  Comment ne pas être fier de notre Histoire ainsi que de notre construction politique  lorsque l’on repense aux croisades d’expansion de nos Rois, aux prouesses militaires de l’Empereur Napoléon, à l’appel historique du 18 juin du Général de Gaulle ? Mais comment ne pas être également frustré et désarçonné lorsque l’on assiste aux guerres politiciennes honteuses, aux mesures politiques démagogiques visant simplement à récolter davantage de voix, aux nombreuses polémiques dites d’ « écran de fumée », initiées dans le seul but de masquer des réalités plus dures ?

Cependant, le décalage entre le quotidien des citoyens français et les spectacles politiques auxquels nous assistons est devenu bien trop conséquent. Quelle est notre place dans tous ces déchainements médiatiques et autres manœuvres ? Nombreuses sont les questions qu’en tant que citoyen français, nous nous devons de poser.

Toutefois, nous devons également assortir nos analyses et nos opinions de pragmatisme et de lucidité. Tout d’abord, la réaction « tous pourris » a ses limites et n’a pas vocation à redonner du sens et de la valeur à certains travers politiques. De plus, force est de constater que les temps actuels ne nécessitent plus des hommes politiques dotés d’une dimension sacrée, sinon mystique. Je crois même que compte tenu des évolutions politiques, économiques, sociales et sociétales, ces « géants politiques » ne sont pas (plus) le type de responsables politiques dont nous avons besoin.

Je pense qu’un savant mélange (extrêmement difficile à concilier) entre une volonté et une capacité sans bornes à construire le rayonnement du pays et une aptitude à créer un lien de proximité et de confiance avec les citoyens doit devenir l’alchimie nécessaire à tout responsable politique à la hauteur de ses fonctions.

J’ai également l’intime conviction que la notion de Politique « spectacle » (quoi que ce terme n’est pas forcément le plus adapté) peut dans certains cas être acceptable et défendable : en effet, la théâtralisation des débats, les empoignades à l’Assemblée nationale, les one-man/woman-show de certaines de nos personnalités politiques sont agréables et nécessaires au plein exercice de la Démocratie. Cependant, cette théâtralisation trouve ses limites lorsque le citoyen, véritable poumon de la société, est totalement perdu de vue.

 Une chose est certaine, nous sommes parvenus à un point crucial où les citoyens ne parviennent plus à s’identifier aux femmes et hommes politiques. Ils ne sont plus en mesure de trouver le moindre point commun, celui qui leur permettrait de garder une adhésion forte et sincère à ces personnalités publiques et d’être un trait d’union capital. L’opposition est telle que nous avons l’impression de constater deux catégories distinctes, deux « espèces » avec chacune leurs spécificités, leur histoire et leur quotidien.

La désaffection des jeunes pour la Politique est un des signaux les plus alarmants de cette fracture. En effet, ces derniers ont une vision triviale et désastreuse de la Politique, parfois à tort, mais quelque fois à raison. Et pourtant, les défis et les challenges ne manquent pas.

La force d’un pays trouve sa source dans l’inventivité et la détermination des jeunes générations. En effet, une vague de dynamisme et de motivation doit être portée par bon nombre de jeunes personnes afin d’insuffler la volonté nécessaire et ainsi bénéficier d’une impulsion réelle et durable. Il y aurait tant de projets à lancer, tant de combats à mener. La Politique doit rester un domaine passionnant, où le goût de l’action prend une dimension concrète pour évoluer, dynamiser et entrainer.

Ce blog sera donc un mélange structuré de questionnements et de réflexions sur notre modèle politique actuel ainsi que sur les perspectives organisationnelles, économiques et sociales qui pourraient s’avérer durables et pérennes. Il sera bien entendu question d’analyses et parfois de critiques en règle des situations politiques actuelles que nous observons car il reste essentiel de mesurer les forces et les limites d’un système en place.

Questionner la structure de mandat actuelle pour éviter que le Président de la République ne se laisse exclusivement guider dans ses choix et ses décisions par le désir d’être réélu 5 ans plus tard ? Intégrer davantage de personnes de la société civile pour limiter l’hégémonie de bureaucrates, dont certains n’ont aucune connaissance du monde de l’entreprise ? Oser s’attaquer au sujet sensible des dépenses de l’Etat ?

Voici quelques pistes lancées et qui pourront, je l’espère, alimenter et enrichir le débat pour entreprendre une démarche d’analyse, de réflexion et de proposition. Cela peut vous paraitre dérisoire, voire inutile, mais tenter de comprendre notre système et notre mode de société pour pouvoir participer, pour l’instant à une moindre échelle, à leur évolution représente ce qu’il y a de plus noble et de plus enrichissant dans la Politique : l’implication et la mobilisation.

Alors impliquons-nous et mobilisons-nous.

Anthony Liguori







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